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L' A.S.E.T nord

L' A.S.E.T nord

L'association d'Aide à la Scolarisation des Enfants Tsiganes (nord)


Roms : ces bidonvilles qu'on ne voit même plus.

Publié par Aset nord sur 20 Juin 2017, 16:44pm

La Voix du Nord du 13/06/2017

par Marie Vandekerkhove

Il se situe juste en face du collège Molière mais, de l’avenue de Paris, il est invisible. Tout comme ses occupants, une famille de Roumains qui multiplie les gages d’insertion. Établi sur ce terrain de la MEL en novembre, ce camp est l’un des quatre sites « sauvages » occupés par les Roms. Ici, les enfants parlent couramment la langue de Molière mais ne sont pas scolarisés de l’autre côté de la rue. Ici, une maman sur le point d’accoucher passe la journée dans une caravane bringuebalante qui partirait en lambeaux au moindre déplacement. Ici, des enfants courent, rient, jouent et vont à l’école. Ici, le chef de famille vit dans un baraquement de contreplaqué qui tient grâce à des fenêtres de récupération. Ici, ce sont de vieilles palettes qui empêchent les visiteurs de s’enfoncer dans la terre argileuse.

« Les Roms sont condamnés à l’errance dans la métropole. »

Ces images de misère avaient fait pleurer le préfet de région il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, la « question Roms » n’a toujours pas trouvé de solution miracle. Et plus de larmes, l’État fait les gros yeux. «  Le 7 juin, la gendarmerie, la police sont restés plus de deux heures pour des contrôles d’identité, six jours après des fonctionnaires de la préfecture. Ils ont distribué huit obligations de quitter le territoire  », regrette Mietek Chelowa, membre du collectif Solidarité Roms. Qui dénonce un manque de clairvoyance.

Augustin, 18 ans, en a notamment reçu une. Or il suit un service civique dans une association qui propose de l’aide aux devoirs. Un bon tremplin pour celui qui a appris le français à l’âge de 10 ans et partage désormais ses connaissances dans la langue de Molière. Sa maman, Camelia, elle aussi, fait l’objet d’une «  OQTF  », la bête noire des Roms, alors que son époux, Tarzan, vient de décrocher un contrat dans une entreprise de bâtiment. «  Le chef de chantier m’a dit qu’il arrivait même avant lui. Il a un travail, une volonté de s’insérer, ils ne représentent pas une charge insoutenable pour l’État  », martèle Dominique Plancke, autre membre du collectif qui dénonce «  l’intimidation  » dont les Roms font l’objet.

La famille d’Augustin a connu plusieurs camps, à la porte de Valenciennes, à la porte d’Arras, à Lille, au Pont Supérieur, à Lomme, aux Près, à Villeneuve-d’Ascq, à Hellemmes, à Lezennes… «  Ils peuvent à nouveau être expulsés à tout moment  », alerte le collectif qui se bat aussi sur le terrain judiciaire mais estime que «  Les Roms sont condamnés à l’errance dans la métropole  ». Mais peut-être pas encore à l’indifférence.

Où se trouvent les autres camps?

Selon le collectif Solidarité Roms de Lille métropole, on comptabiliserait 1 200 Roms dans la métropole en situation de bidonvilles ou de squats, pour 1,2 M d’habitants.

À Villeneuve-d’Ascq, deux camps seraient « tolérés » par les pouvoirs publics. Celui de la rue de la Cruppe, à la lisière de Mons-en-Barœul. Il est équipé d’eau courante et de WC. Et celui des 4 Cantons. « Ce qu’on regrette, c’est que la préfecture n’y mette pas les moyens sociaux », pointe Dominique Plancke.

Quatre autres seraient des bidonvilles dont leurs occupants vivent en permanence avec la crainte d’expulsion. Le camp face au collège Molière, où vivent 21 Roumains et celui sur le parking P6 du Stadium, où sont établis des Bulgares. « Ces familles ont reçu une OQTF la semaine dernière avant le championnat d’Europe d’athlétisme qui commence le 23 juin », relève le collectif.

Le collectif a recensé deux autres sites : rue du Recueil, au bord de la voie rapide et sur la propriété de l’église évangélique d’expression africaine (l’ancienne maison hantée, rasée il y a deux ans).

Mietek Chelowa et Dominique Plancke (à droite), bénévoles pour le collectif Solidairté Roms, connaissent Augustin depuis des années et le suivent au gré des expulsions.

Mietek Chelowa et Dominique Plancke (à droite), bénévoles pour le collectif Solidairté Roms, connaissent Augustin depuis des années et le suivent au gré des expulsions.

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